Le point sur le trouble déficitaire de l'attention-hyperactivité (TDAH)



enfants hyperactifs
TDAH hyperactivité de l'enfant


Le nombre de demandes de consultations pour des motifs d’hyperagitation et d’inattention chez les enfants ne cesse de croître, que ce soit à la maison ou l’école les plaintes émanent :

« il ne peut pas se poser, il bouge et se lève tout le temps, il ne peut terminer une tâche ou un jeu , il nous interrompt tout le temps, etc. » Bref l’enfant s’agite, ne reste pas en place, s’exprime intempestivement ce qui occasionne parfois, lorsque l’intensité du comportement est forte, des difficultés relationnelles, sociales et/ou scolaires.

Face au constat, la tendance est de suspecter très rapidement la présence d’un Trouble Déficitaire de l’Attention/Hyperactivité (TDA/H) que ce soit chez les professionnels (médecins, psy, enseignants, éducateurs) ou les parents qui, ne sachant comment interpréter les manifestations de leur enfant, en arrivent parfois eux-mêmes à supposer un tel diagnostic et c’est bien légitime car le besoin de comprendre ce qui se passe chez son enfant est naturel.

Apporter quelques repères sur ce trouble semble donc important, ce premier article essaiera de répondre à :

  • Qu’est-ce que le TDA/H

  • Combien d’enfants sont concernés

  • Comment se fait le diagnostic

1. Qu’est-ce que le TDAH


Le TDAH est considéré désormais comme un trouble neuro-développemental qui se manifeste durant l’enfance et s’exprime cliniquement selon trois dimensions : l’attention, l’impulsivité et l’hyperactivité.

Il existe ainsi plusieurs formes du syndrome :

- une forme mixte (présence des deux troubles)

- une forme à dominante hyperactivité-impulsivité

- une forme où le trouble de l’attention (TDA) prédomine


Le trouble de l’attention :


L'attention est une aptitude incluant : l’éveil, la vigilance, la distractibilité et l’attention soutenue. Les enfants ayant un trouble à ce niveau ont un niveau d’éveil tel qu’ils sont sensibles à toutes les stimulations de l’environnement avec impossibilité de se fixer sur un élément. Ils présentent donc une moins bonne persévérance dans les tâches car la charge cognitive devient vite trop importante. Les adultes y voient parfois une intention chez l’enfant, un manque d’effort délibéré, or il n’en est rien.

Cette difficulté s'observe dans le cadre scolaire mais aussi dans les activités ludiques ou culturelles :

- l'enfant change fréquemment d'activité (« il papillonne »),

- il affiche une distractibilité importante (il se détourne de sa tâche au moindre bruit, un rien le perturbe),

- il semble ne pas écouter ce qu'on lui dit et ne respecte pas les consignes

- à l'école le travail est souvent bâclé et comporte des fautes dites d'inattention.

- les tâches qui demandent généralement des efforts de concentration sont évitées.

L’hyperactivité :

L’enfant présente une activité motrice excessive, bruyante, inappropriée par rapport au contexte et par rapport à son âge :

- il est incapable de rester assis quelle que soit l’activité (y compris devant un programme TV qu’il apprécie)

- il court, grimpe, escalade, rampe sur le sol, fait des ruades sur le canapé de façon incessante

- à l’école, il se balance sur sa chaise, se contorsionne, tripote toujours quelque chose, agite ses jambes, tourne sa tête dans tout les sens,

- il fait tomber ses affaires, son bureau est souvent désorganisé


Les symptômes sont des symptômes en actes, l’enfant est agi par ses symptômes.

Ce trouble n’est pas fonctionnaliste, l’enfant n’agit pas dans un but et avec une intention. Par exemple, ça n’est pas pour attirer attirer l’attention, son comportement le déborde, il ne le contrôle pas même s’il y a des bénéfices secondaires.

L’impulsivité :

Elle désigne un comportement qui a à voir avec la précipitation, le fait de répondre trop vite aux sollicitations. L’incapacité à attendre et à différer la satisfaction est au centre de cette dimension. La difficulté à respecter les règles et le cadre en est souvent la conséquence.

- l’enfant intervient très fréquemment et toujours soudainement en classe, il laisse échapper une réponse avant la fin de la question

- il a du mal à attendre son tour (tour de parole, tour de jeu, les règles sportives, etc.)

- il peut avoir tendance à imposer sa présence aux autres, peut arracher un objet des mains d’un camarade avant même que celui-ci ne le lui présente

- il peut s’engager de façon périlleuse et risquée dans des actions sans mesurer le danger

L’impulsivité occasionne des difficultés dans les relations dans le sens où elle peut générer de la frustration, de la colère et de l’agressivité.

2. Combien d’enfants sont concernés par ce trouble ?

Une étude (Lecendreux, Konofal, & Faraone, 2011) portant sur une une population française d’enfants d’âge scolaire (6-11 ans) situe la prévalence du TDAH entre 3,5 et 5,6%.

Les garçons sont majoritairement concernés (3 garçons pour 1 fille). Chez les filles, il s’agit davantage de troubles de l’attention (elles sont « dans la lune »).


Il faut toutefois être très vigilants avec les chiffres car il est particulièrement difficile de caractériser un comportement chez un enfant et il l’est encore plus d’établir un diagnostic. L’enfant est un être en développement et il y a certains stades de son développement où l’activité motrice est prépondérante et nécessaire. Ainsi entre 2 et 4 ans voire parfois davantage, son attention est naturellement labile et fluctuante, son besoin de bouger et sa motricité grandissante le poussent à multiplier les expériences et les découvertes. Cela peut être difficile pour l’entourage ou l’école d’accepter cette activité motrice parfois intense chez certains enfants mais il faut être prudent avant d’en déterminer l’aspect pathologique car il ne faut pas oublier ce besoin fondamental de l’enfant à bouger, à agir avec son corps dans les premières années et ce d’autant plus que le langage n’est pas totalement acquis. Il y a un risque à ne pas le respecter : l’enfant peut alors accentuer sa conduite et s’installer dans une véritable instabilité réactionnelle.



3. Le diagnostic :

Si des des études mettent en avant l'implication de facteurs neurobiologique dans le TDAH, il n’existe pas d’exploration complémentaire en imagerie médicale permettant de mettre en évidence le trouble. Toutes les explorations réalisées jusqu’à ce jour (neuroradiologiques, neuroendocrinologique, études génétiques) n’ont pas permis de repérer des marqueurs biologiques du TDAH.

Le diagnostic repose donc sur l’évaluation clinique (l'observation directe du comportement), l’utilisation éventuelle d’échelles (le questionnaire de Conners est souvent utilisé) et le tests réalisés par des psychologues.

A ce jour, l’origine du TDAH sur un plan strictement médical reste inconnue et le diagnostic repose sur l’ensemble des éléments recueillis auprès des parents, de l’enfant et des adultes ayant en charge l’enfant (enseignants) mais aussi sur l’étude des antécédents et la mise en perspective des différents bilans réalisés (neurologique, cognitif, psychoaffectif, du langage, psychomoteur, etc.). Le diagnostic est établi par un médecin pédopsychiatre sur la base de tous ces éléments.

Dans le cadre du diagnostic, le manuel de référence (le DSM V) stipule la nécessaire présence des manifestations durant au moins 6 mois :


→ Dans la dimension inattention : 6 critères sur 9 (ex : fait des fautes d’étourderie, perd les objets nécessaires)

→ Dans la dimension hyperactivité-impulsivité : 6 critères sur 9 (ex : a du mal à se tenir tranquille pendant les jeux, a souvent du mal à attendre son tour)

Comme je l’ai déjà souligné, le niveau de manifestation des symptômes doit être considéré en regard de l’âge. Les symptômes apparaissent durant l’enfance doivent survenir avant l’âge de 12 ans et se manifester dans au moins deux domaines de la vie de l’enfant (familial, scolaire, activité extrascolaire, etc.). Ils doivent donc avoir un aspect envahissant et induire une perturbation du fonctionnement ayant des conséquences importantes (relationnelles, apprentissages, climat familial, etc.).

Dans un deuxième post , je présenterai les prises en charge possible et l’évolution du trouble.


Auteur : Laurence Barret


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