Les enfants à Haut Potentiel Intellectuel (HPI) - 1




Auparavant appelés surdoués puis enfants intellectuellement précoce (EIP), on parle aujourd’hui d’enfants à haut potentiel intellectuel. Le HPI n’est pas seulement un autre terme permettant de caractériser un niveau de développement mais aussi une autre façon de le comprendre dans le sens où il s’agirait d’un fonctionnement stable perdurant à l’âge adulte. La précocité signifie quant à elle un développement anticipé des aptitudes qui, une fois l’âge adulte atteint, devient alors conforme à la grande moyenne de la population.

  • Qu’est-ce que le Haut Potentiel intellectuel ?

Le haut potentiel est défini par un score aux échelles psychométriques (tests de QI) très supérieur à la moyenne, c’est-à-dire au-delà de 130. Le repérage est possible dès l’école maternelle sans toutefois qu’il soit nécessaire de l’identifier nécessairement au moyen d’un bilan psychométrique. Personnellement, j’utilise rarement les tests avant 5 ans mais tout dépend de ce qui motive précisément la consultation.

Les outils généralement utilisés sont :

- WPPSI-IV (Échelle d'intelligence de Wechsler pour enfants) pour les enfants de 3 à 7 ans

- WISC V (Échelle d'intelligence de Wechsler pour enfants et adolescents - 5ème édition)


La littérature spécialisée et certains professionnels s’attachent à définir le Haut Potentiel selon :

- avidité de connaissance,

- grande curiosité à l’égard du monde et des choses qui se manifeste par un questionnement intensif

- attention portée à l’environnement, sens de l’observation

- faculté de comprendre vite et d’assimiler un grand nombre de connaissances.

- fonctionnement intellectuel en arborescence

- grande sensibilité émotionnelle, etc.

Différents travaux et études évaluent leur nombre à un élève par classe en moyenne, ce qui amène à considérer le fait qu’un tel élève est potentiellement présent dans chaque classe. A bien y regarder, ce pourcentage est abusif car si on considère un effectif moyen de 25 élèves par classe, cela signifierait une prévalence de 4 % ce qui va à l’encontre de ce que définissent les tests sur le plan statistique :


  • Quand faut il dépister ?

Le repérage du haut potentiel chez un enfant ne doit intervenir que lorsque sa situation l’exige. En général, c’est à l’école que les choses se jouent : un élève excellent n’est pas forcément un élève à haut potentiel, un élève à haut potentiel n’est pas forcément un élève excellent. Si la plupart des enfants HPI ne rencontrent pas de difficulté particulière dans leur parcours scolaire, certains peuvent présenter des difficultés psychologiques ou scolaires.

Il importe alors de pouvoir discerner ce qui relève de la précocité de ce qui relève d’autres problématiques car un enfant HPI pourra comme tout autre enfant rencontrer dans son parcours des difficultés relationnelles, éprouver de l’anxiété, de l’angoisse indépendamment de sa vélocité intellectuelle.

Attention à l’ennui en classe souvent évoqué pour envisager un haut potentiel. Si cela est vrai pour certains enfants, ça n’est pas toujours le cas car l’ennui peut cacher d’autres problématiques moins évidentes.

  • Comment dépister ?


Le repérage d’un enfant à Haut potentiel passe généralement par un bilan et une analyse clinique qui doivent obligatoirement réalisés par un professionnel ayant le titre de psychologue, seul habilité à se procurer et utiliser les tests psychométriques.

Ce bilan comprend l’évaluation du fonctionnement cognitif (tests de QI) et du développement psychoaffectif éventuellement complétée par des investigations dans d’autres domaines (moteurs, socio-émotionnels, créativité...).

Certains enfants présentent des décalages entre leurs différentes capacités (par exemple motricité /

aisance verbale ; compréhension / production…). Il peut aussi coexister, comme chez tout enfant,

des troubles associés tels que des difficultés d’apprentissage de la langue écrite ou autre troubles spécifiques des apprentissages (TSA), des difficultés attentionnelles, un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA-H)


Pour conclure :


Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés malgré un très bon niveau de connaissances générales et de raisonnement et/ou si ses parents se questionnent sur son parcours scolaire, il est toujours préférable de consulter un psychologue qui saura déterminer les points forts, les ressources mais aussi les fragilités de l’enfant. Il s’agit d’aller au-delà des chiffres et des résultats quantifiés pour comprendre sa dynamique intellectuelle et affective. Le but est d’éclairer la situation de l’enfant et de proposer une aide personnalisée.



Auteur : Laurence Barret

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